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Le Don




En février dernier j'ai assisté à un Satsang donné par un enseignant spirituel que je suis sur le web. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme "Satsang", ce sont des rencontres "dans la présence", c'est-à-dire que les thèmes ne sont pas nécessairement planifiés et l'enseignant, se laissant habiter de la présence, se laissant habiter de CELA, anime la rencontre en fonction des besoins de l'auditoire. Le terme sanskrit se traduit en français pas le mot "vérité". Donc, essentiellement, c'est être en présence de la vérité.


Lors de cette rencontre, les personnes présentes ont longuement questionné l'enseignant sur les dons qui sont souvent manifestés par les éveillés. Est-ce un mythe ou une réalité? C'est un peu ce que l'auditoire cherchait à savoir et c'était amusant de voir le mélange d'incrédulité et de fascination reliés à ce sujet. C'est un sujet récurrent en spiritualité. Dans cette même période j'ai assisté à une assemblée d'un culte religieux dont je tairai le nom parce qu'il n'est pas pertinent et cet aspect a également été évoqué lors de l'assemblée. Dans les évangile, St-Paul a traité du sujet également, il y a un très bel épître sur le sujet, sur lequel je reviendrai.


De tous les temps, la question des dons a toujours fasciné l'humain, peu importe qu'il se définisse comme spirituel, religieux ou athée. La popularité actuelle pour tous les films de super-héros ou le succès des Harry Potter et autres films du genre auprès des adultes autant que des enfants, en est une démonstration plutôt évidente. L'humain est fasciné par le Divin et que vous appeliez cette part de vous Dieu, Bouddha, Superman ou Harry n'y change pas grand chose au final. Toujours c'est le mystère dans nos vies et nous sentons tous, à différents niveaux de conscience, que nous portons quelque chose de cette nature en nous. Dans certaines traditions spirituelles on vous dira que c'est un piège de se croire "spécial" et que c'est un conditionnement dont il faut se détacher. C'est vrai dans la mesure ou CELA, lorsque vous commencez à y toucher ou l'expérimenter, est totalement impersonnel et le même pour chacun de nous. C'est une présence, un silence, une immobilité et un amour qui sont universels et présents en chacun de nous. Mais la façon dont il s'exprime au travers nous, ça, c'est unique et différent pour chacun des être humains que nous sommes, autant dans notre part humaine que notre part divine.


Alors comment l'enseignant a-t-il répondu à cette question, me demanderez-vous? Ou comment vais-je moi-même y répondre, vous demandez-vous également? La position de cet enseignant sur le sujet est la sienne et je ne la reproduirai pas ici, parce que là aussi, nous sommes tous différents et portons tous le message ici-bas que nous avons à porter. Sa réponse du moment était la réponse qui se devait d'être donnée à ce moment-là, mais si je la sors de son contexte, elle aura certainement moins d'impact. Être en "présence de la vérité", c'est être également dans la vibration du moment où elle s'exprime et cela a été fort bien exprimé par La Mère, cette enseignante qui était la comparse de Sri Aurobindo (un yogi qui m'a beaucoup inspiré), lorsqu'elle disait que lire les comptes-rendus de ses entretiens ne pouvaient avoir la même portée qu'ils ont eu au moment où elle a exprimé sa position sur les différents sujets qui ont été traités lors de ses rencontres avec ses étudiants, parce que sa parole était porteuse de vérité bien plus que les mots utilisés. C'est ce qu'on appelle aussi parfois le Logos de Dieu, l'intelligence Divine à l'oeuvre au travers l'humain. Et ma façon de traiter cette question aujourd'hui est également teintée par une vibration, un moment vécu où j'ai vu ce que je m'apprête à vous exprimer. Je tenterai de vous l'exprimer dans la neutralité, afin que vous puissiez en tirer vos propres conclusions. mais cela demeure un point de vue limité à une situation donnée, et je vous exhorte à ne pas vous sentir lié par ma position.


Le don est une prédisposition, un talent naturel pour quelque chose, et en ce sens, sur le plan matériel de la vie, nous sommes tous doués. Certains ont des aptitudes sportives, d'autres pour la musique, d'autres ont un esprit scientifique, bref la panoplie des dons qui sont manifestés ici-bas sont aussi variés que le nombre d'humains à peupler cette planète. Vous pouvez voir cela comme le fruit du hasard ou comme la manifestation Divine qui agit au travers vous. Et en CELA, la perspective commence déjà à changer, selon l'angle avec lequel vous abordez la situation. La perspective changera d'avantage si, en sus, vous décidez de mettre ce don au service des autres. J'illustre ceci par l'exemple suivant.


Pouvoir se qualifier pour courir le marathon de Boston est quelque chose d'extraordinaire qui démontre des aptitudes naturelles qui sont présentes chez certaines personnes, même si elles se sont beaucoup entrainées pour réussir cet exploit. Témoignez aux autres de son expérience d'avoir couru le marathon de Boston va "une coche plus loin" en ce que vous pouvez en inspirer d'autres à se dépasser. Et si après quelques années de course à pieds vous décidez d'aider d'autres coureurs parce que vous êtes devenu une source d'inspiration pour votre entourage, alors là, à mon sens, vous commencez à rayonner et à manifester concrètement cette part de divinité en vous parce que votre don bénéficie aux autres.


C'est la même chose lorsqu'il est question des dons plus rares, des dons qui dépassent parfois un peu notre compréhension humaine, tels que la guérison, certaines aptitudes pour la clairvoyance, la clair audience ou peut-être même d'autres trucs plus "flyés" encore. Oui, cela existe, prétendre le contraire serait faux, mais ils ne sont pas propres "aux éveillés", certains naissent avec des capacités surprenantes et ils devront quand même faire l'apprentissage de la vie ici-bas, avec tout son lot de difficultés. Et la question n'est pas tellement de savoir quelle est la nature de nos dons que de savoir ce que nous décidons d'en faire. La personne qui manifeste de telles aptitudes et qui décide de les mettre au service des autres, celle-là progressera, mais elle ne progressera pas plus facilement que celui qui ne manifeste pas de telles aptitudes, au contraire! Les dons plus rares sont un véritable piège sur le chemin spirituel lorsqu'ils se manifestent trop rapidement parce qu'ils nourrissent l'égo, de par cette fascination que nous avons justement pour ceux-ci. Ils sont parfois à l'origine de ces relations de Maître et de disciple et ils peuvent devenir un piège autant pour le Maître que pour le disciple. Le Maître qui établi un rapport avec le disciple qui le maintient dans la division "sujet-objet" et le disciple qui limite son regard du Divin en le projetant dans le Maître et qui nourrit parfois son désir personnel à développer de telles capacités. Ceux qui réussissent à transcender cette difficulté ont toute mon admiration. Et de mes observations, je constate que c'est bien souvent parce qu'ils se sont carrément retirés et ont décidé d'offrir leurs services autrement parce qu'ils finissent par constater qu'ils étaient pris dans un piège. Ou c'est qu'ils finissent par se taire et ne veulent plus aborder ce sujet ou nourrir ce fantasme auprès des gens.


Les dons les plus extraordinaires sont souvent ceux que nous ne voyons pas et dont nous n'avons pas connaissance parce que nous agissons dans un élan du coeur et que c'est de là que nous provient le don le plus puissant de tous: le don de l'amour. J'en ai encore eu la preuve hier soir. J'étais avec 8 merveilleuses âmes, de magnifiques lumières qui brillent avec beaucoup de beauté et j'ai vu la magie de l'amour à l'oeuvre, j'ai vu les effets sur l'une d'entre elles qui avait peut-être ce soir-là, besoin d'un peu de réconfort, besoin de s'ouvrir un peu à elle-même, à embrasser ses zones d'ombre et de faire face aux difficultés qui se manifestent dans sa vie actuellement. À la fin de la rencontre, j'ai vu l'espoir dans les yeux de cette personne, j'ai senti qu'un peu de réconfort l'habitait et j'ai senti qu'elle s'ouvrait un peu plus à la vie. Et ça, c'était l'oeuvre de toutes les personnes qui étaient présentes, le don qui nous est offert à tous et chacun de pouvoir manifester l'amour, l'amour inconditionnel qui fait fi des jugements et sait se manifester spontanément quand nous cheminons suffisamment dans la vie pour être sensible à l'autre. C'est le don de soi qui se manifeste librement.


On dit que la foi déplace des montagnes et c'est bien vrai. Quand nous avons foi en nous, nous n'avons plus peur, plus peur du jugement de l'autre et c'est là que nous commençons à nous ouvrir à l'autre véritablement. Que nous exposons nos zones de vulnérabilité et pouvons dire à l'autre: Je suis passé par là, je sais comment tu te sens et je sais que tu as les ressources en toi pour trouver les réponses et les solutions à ton problème. Nous nous voyons au travers l'autre et pouvons même, bien souvent, véritablement sentir son émotion du moment et ajuster notre discours et nos paroles en fonction des besoin de l'être qui est en face de nous. C'est CELA, être en présence de la vérité, c'est cela l'essence du Satsang, CELA appartient à chacun des membres présents et n'est pas la propriété de l'enseignant. Nous avons tous et chacun la capacité d'être en présence de la vérité puisqu'elle habite chacun de nos coeurs.


Nous sommes tous doués et la nature de nos dons importe peu. Et en terminant, je citerai St-Paul parce que le mot final de ce que j'expose lui appartient:


"Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n’est point envieuse; la charité ne vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais.


Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu un homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.


Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu."


(Premier épitre de St-Paul apôtre aux Corinthiens, verset 13)

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