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La révolution



Plus je me réconcilie avec moi-même, plus je réalise la futilité de tous ces vêtements, ces personnages et ces identités que nous endossons. Et plus j'ai un goût de révolution qui m'emplit la bouche, comme si toutes les ruminations de ma vie remontaient lentement mais sûrement à la surface.


La révolution c'est le renversement d'un système. Et c'est bien ce qui se passe là tout au fond depuis maintenant deux ans. L'impersonnalité de ce que je suis prend de plus en plus de place, elle descend dans tout mon être maintenant et me fait prendre conscience de tout ce système que j'ai mis en place, là à l'intérieur. Je discute de tout cela avec vous depuis un bon moment déjà. Mais je vois maintenant le grand personnage de l'enseignante que j'étais en train de construire, cet ultime désir demeurant d'être encore quelqu'un.


Je réalise que je m'enlisais de nouveau dans le piège, mais un piège qui avait sa raison d'être, puisque cela a tout de même eu l'utilité de m'enseigner à moi-même! À chaque texte, à chaque podcast, j'apprenais un peu plus sur moi-même et sur ce chemin et en ce sens, il était tout à fait pertinent que j'en passe par là. Au moins, ne suis-je pas trop tomber longtemps dans le piège pour avoir la prétention de croire que je fournissais de grands enseignements aux autres... ;-) J'ai eu la sagesse de le faire dans l'enthousiasme, la joie et une volonté toute simple de vouloir "aider". Mais voilà, je quitte un personnage de plus et je le quitte avant que l'égo ne le rattrape et ne se prenne la grosse tête avec.


Une fois de plus, je renverse un système intérieur, je me révolutionne et je retourne à ce que je sais le mieux faire pour le moment, c'est-à-dire "être" tout simplement, parce que je vois bien que tout est encore à se définir. Une lumière plus grande doit prendre place à l'intérieur et j'ai besoin de temps pour me déposer, une fois de plus. C'est doux, ce n'est pas violent et même si certaines souffrances montent encore à la surface par moment, elles sont très belles, parce que oui, la souffrance ça peut être beau. Accepter de laisser monter la noirceur accumulée là, tout au fond, c'est très beau. C'est la plus grande preuve d'amour à l'égard de soi-même qu'on puisse s'autoriser. C'est permettre à la souffrance de laisser place à l'amour. S'ouvrir à l'amour est beaucoup plus difficile qu'on ne le pense, je le réalise un peu plus chaque jour. Marianne Williamson disait que c'est de notre lumière que nous avons peur et non de notre ombre et elle avait bien raison.


Nous sommes des être d'amour, quoique nous en pensions et tout ce que nous faisons, nous le faisons par amour. Nous ne le voyons tout simplement pas parce que nous sommes emmurés dans la peur. Se défaire de cette protection, de cette armure demande un grand courage mais je me considère chanceuse parce que j'ai été admirablement bien guidée jusqu'à présent et que je vois maintenant la nécessité de retrouver le sens de qui je suis véritablement. Et ce sentiment d'union grandissant avec CELA me permet d'accueillir tout ce qui est et tout ce qui n'est pas. On ne peut demeurer dans l'impersonnalité de l'être éternellement mais il faut avoir également acquis suffisamment de détachement par rapport à soi pour incarner le nouvel être qui prend place en nous. Je ne sais pas encore clairement qui je suis et de quoi aura l'air ce nouvel être, mais je pars maintenant à la découverte de celui-ci. Je continuerai à être active avec des initiatives telles que les groupes de partage ou ma participation à Emerging Proud, parce que je crois dans la force du partage de nos expériences pour nous permettre de cheminer et que la vie spirituelle nécessite de s'impliquer et d'aller vers les autres.


Nous reverrons-nous sur ce blog et mes podcasts demeureront-ils les vestiges de mon dernier personnage? Peut-être que oui, peut-être que non.


Mais la réponse à cette question est absolument sans importance parce que tout se passe ici et maintenant, pour vous comme pour moi. Si nous avons à nous retrouver, nous nous retrouverons. Plus j'avance sur ce chemin et moins j'ai de certitudes. Mais de cela, je suis certaine.


Je vous aime et je vous embrasse.

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