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La part féminine... l'apport féminin

Mis à jour : 9 mars 2019




En ce 8 mars, journée internationale de la femme, j'ai le goût de vous parler du beau et du bon, de la femme qui nous manque en nous, qui nous manque dans la vie.


Une moitié, voilà ce qu'est la femme. Une moitié un peu oubliée, voir perdue par moment. Une moitié qui tente de retrouver sa place et son équilibre, difficilement.


La femme a d'abord dû revendiquer, montrer qu'elle était là, dans la société, à part entière, et pas seulement dans un rôle de soutien, en arrière plan pour élever l'homme dans sa réalisation sociale et professionnelle. Déjà là, ce fût tout un exploit et il fallut un conflit mondial et l'envoi massif des hommes au front avant que nous réalisions vraiment que la femme pouvait être une "force de travail" au même titre que l'homme. C'est son apport à la société de production qui permit, entre autre, qu'on lui accorde finalement un statut légal équivalent à celui de l'homme et qu'on commence à considérer qu'elle pouvait être plus qu'une mère et une épouse.


Mais le combat n'était pas terminé, parce que, malheureusement, c'est devenu un combat, regardons les choses telles qu'elles sont, objectivement et avec lucidité. La différence majeure entre l'homme et la femme, cette différence qui est à la base de tout le conditionnement et le modèle de société que nous avons connu jusqu'à récemment, est ce qui a orienté la façon d'aborder les choses. Et cette différence c'est la force physique. L'homme pourvoyeur, l'homme qui assure la sécurité de sa famille, l'homme qui chasse le mammouth parce que la femme n'a pas la force physique de s'attaquer à une aussi grosse bête... L'homme n'allait pas laisser le rôle qu'il joue depuis la nuit des temps sans se servir de ce qui l'a placé dans ce rôle, comme argument pour justifier sa position et c'est parfaitement normal, la résistance au changement est un conditionnement puissant chez l'humain, peu importe le sexe. Mais il est tout de même ironique de constater que dans la société industrielle qui a émergé de la seconde guerre mondiale, une société ou de plus en plus d'outils et de machines ont été mis à notre disposition pour nous faciliter la vie, nous soyons demeurés si longtemps avec un modèle de fonctionnement... préhistorique!


Alors la femme a dû démontrer qu'elle était forte elle aussi. Capable d'assumer sa part de responsabilités ET de s'occuper de sa famille. Capable d'aller à l'université, d'accéder à de hautes fonctions ET de fonder une famille. Et celle qui décidait de s'attaquer à une carrière uniquement et de rompre avec le modèle traditionnel était, au départ, sévèrement critiquée et jugée. Ou la femme choisissait de renier une part d'elle-même, et je ne parle pas de maternité ou de mariage, ou elle tentait de tout conjuguer en même temps. Non, je ne parle pas de maternité ou de mariage, je parle essentiellement d'esprit communautaire. La femme est rassembleuse, elle tisse des liens et c'est un lieu d'écoute et de partage à elle seule, c'est dans sa nature. Mais dans une société de production où la performance individuelle est maximisée pour le bien du plus grand nombre (ou de certains intérêts économiques, mais ça c'est une autre histoire), il y a très peu de place pour cette partie de l'être, qui est également présente chez l'homme, ne l'oublions pas. Nous sommes tous porteurs des deux essences en nous et nos attributs physiques ne sont que des manifestations extérieures de notre apport dans les fonctions reproductrices de notre espèce. Mais nous attachons tellement d'importance à notre image et nous avons hypersexualisé celle-ci d'une façon telle que nous avons perdu le contact avec ce qui est en nous.


En nous, nous sommes un merveilleux mélange des deux essences qui cherche constamment un équilibre. Et la plus belle façon d'atteindre cet équilibre est de s'ouvrir à l'autre! L'homme peut apprendre à la femme à "gérer" sa vie, y mettre un ordre et une logique dont nous avons besoin, nous qui sommes plus "sensitives", qui ressentons les choses au travers les émotions plus que les pensées et qui avons parfois de la difficulté à traduire en mots cet aspect de nous plus intuitif, plus intangible. Nous avons beaucoup renié cet aspect de nous dans ce "combat" que nous avons livré pour faire notre place et avons tenté de nous exprimer comme les hommes, sans intégrer cette partie de nous, nous donnant bien malgré nous ces stéréotypes d'hystériques et de personnes incapables de gérer leurs émotions. Pour plusieurs, nous avons perdu contact avec cette essence en nous, au détriment de notre intellect. Nous devons reconnecter à cela, parce que nous avons à apprendre à l'homme à se ressentir un peu plus, à communiquer différemment aussi, dans un mode non dualiste. À comprendre qu'il n'y a plus de combats à gagner, nous avons tout conquis. Mais au passage, dans cette guerre pour conquérir le règne animal, améliorer nos conditions de vie et nous placer dans le confort, dans cette lutte pour l'égalité, nous avons brisé beaucoup de ponts. Des ponts entre nous et en nous.


L'homme n'est pas complet sans la femme et VICE-VERSA. À l'extérieur comme à l'intérieur. Nous avons perdu le sens du communautaire, du partage, nous avons perdu ces lieux de rassemblement qu'étaient les cuisines familiales. Je ne dis pas que les femmes doivent retourner aux cuisines, loin de là, les hommes nous ont montré qu'ils y sont tout aussi efficaces, sinon plus!!! Mais nous avons à retrouver des lieux de partage autres que nos ordinateurs, nos tablettes et nos téléphones intelligents. Du vrai, du tangible, des endroits où la chaleur humaine est présente, où on accueille et on comprend que la vie est "crissement" difficile par moment, un lieu où nous avons le droit de ne pas être au sommet de notre performance et où nous pouvons exposer notre vulnérabilité, notre découragement du moment; un endroit où nous pouvons demander aide et conseils.


Afficher son humanité n'est pas une faiblesse. Nous exigeons beaucoup trop de nous-mêmes et, ce faisant, nous demandons beaucoup aux autres, parfois malgré nous. En faits, nous aimons beaucoup plus les autres que nous mêmes et, par amour nous nous projetons continuellement en eux, parfois consciemment, mais la plupart du temps sans s'en rendre compte. C'est par amour que nous blessons l'autre bien souvent et il est bon de garder ceci à l'esprit quand vient le temps de pardonner. Se pardonner ou pardonner aux autres... C'est là que nous en sommes. Il faut voir ce que nous sommes devenus avec le temps, c'est essentiel si nous voulons changer les choses.


Les femmes sont devenues des modèles de performance dans le système éducatif où elles sont maintenant en plus grand nombre que les hommes sur les bancs des institutions d'enseignement supérieur. Et les hommes sont des modèles de performance sociale puisqu'ils occupent encore majoritairement les postes de pouvoir dans les sphères économique et politique. Mais cela change et changera de plus en plus de par la présence grandissante des femmes hautement diplômées. Comment réussirons-nous à parler le même langage et à faire les choses autrement si nous ne faisons pas l'équilibre en nous et ne nous ouvrons pas réellement à la réalité de l'autre? Dans ce quelque part entre les deux, cette zone de performances athlétiques, dans cette quête de l'image et du corps parfait où nous nous jetons pour dépasser encore un peu plus chaque jour les limites du corps humain? Et la famille dans tout ceci? Quel temps nous reste-t-il avec les nôtres (au sens large du terme), et surtout quelles sont les valeurs que nous véhiculons? Un modèle de performance, encore et encore, un modèle de survie, l'homme qui continue à chasser le mammouth. Mais nous le chassons maintenant ensemble, homme et femme, avec en prime des AK-47 et des drones, dans le confort de nos bureaux et nos foyers, derrière des écrans cathodiques, parce qu'au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, le mammouth n'existe plus nulle part ailleurs que dans la réalité virtuelle...


En ce 8 mars, je nous invite à repenser notre façon de voir les choses et à retourner au modèle du petit village d'agriculteurs que nous avons déjà connu. Se rapprocher de la terre, du concret et du tangible, sortir de nos têtes et aller dans notre coeur un peu, penser plus petit, retrouver des lieux de partage et, surtout, rebâtir les ponts entre nous et en nous, unir ce qui se doit de l'être, dans le respect et l'amour. Être des humains, ni plus, ni moins.


#BrahmaShakti

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